Fruisme

Je vais vous raconter le dernier pépin qui m’est tombé dessus.

Un matin, ma peau lissée semblait recouverte de cire et mes joues bien rondes prenaient une couleur rosie.
Mes cheveux avaient épaissi, ils ressemblaient à un fouillis de brindilles un oiseau aurait pu y faire son nid.
Quelque chose me chatouillait le dessus de l’oreille, c’était un petit bourgeon qui venait de naitre.
Je sortis du lit me réfugiais dans ma salle de bain et contemplais ces transformations.
Ma compagne derrière la porte me demanda ce que je fabriquais.
– Je pense faire une tarte au fruit.
– Pomme va ! Si tu traînes encore tu vas prendre racine, il faut que tu ailles au boulot.
Ouvre-moi ou je ne ferai pas de quartier !
J’ai ouvert la porte et c’est elle qui est tombée dans les pommes.
Je me suis fait un jus, et me suis dit : on est comme on est, alors je suis parti au travail.
En marchant à travers la ville, on me dévisageait encore avec gourmandise.

Je me suis réfugié à la campagne mon feuillage respirait mieux, je me suis posé dans un verger et enfin, j’ai eu le sentiment que chaque chose était à sa place.
Une jeune femme qui passait par là est venue caresser mon écorce qui se craquelait, elle laissait voir un coeur tendre comme une pousse de bambou, le doux vent d’été sifflotait dans mes branches.

2 commentaires sur « Fruisme »

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