L’arbre perdu

Entre Saint Florentin et Troyes

Au lieu-dit de l’arbre perdu, il est là, au milieu de la plaine,

ses bras noueux dressés vers le ciel, solitaire au sommet de la colline, on dirait un géant silencieux dans sa prière.

Tilleul de nos aïeuls, irréfutable, il sait les années passées, il a connu nos ancêtres ceux-là même qui sont retournés à la terre. Ils ne sont plus que murmures là-dessous.
Il sait les longues nuits, la lune immortelle et le scintillement silencieux des étoiles.

On dit :  
– Voici l’arbre perdu !
Mais lui-même le sait, il est celui qui cache la forêt perdue.

C’est le dernier des géants, grandiose, solide, incontournable et enraciné. Quand le vent, la pluie et le gel le bousculent et que même les corbeaux ne viennent plus, il se lamente :
Pourquoi moi ?
Pourquoi m’a t’on épargné ?

Pourtant, il ne facilite pas le travail du paysan pour qui il serait si simple de labourer sans sa présence.

Si vous venez lui rendre visite, écoutez le raconter les saisons, il se souvient d’étés canicules qui grillaient ses feuilles, desséchaient son gui.  Il se souvient d’hivers glacés après des automnes venteux et douloureux jusque dessous son écorce.

Une bourrasque d’air frais et un rayon de soleil printanier, il frissonne et sent la vie revenir, la sève le parcourir jusqu’au bout de ses branches.

2 commentaires sur « L’arbre perdu »

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