L’élégance de l’hêtre

Près de Bar le Duc, Meuse

Être fragile
au temps docile
Hêtre gracieux
vent mélodieux.

Saison de glace
de neige, de brume,
trouve ma place
et puis m’enrhume.

Hêtre fragile
sous mes yeux
tu te dessines
être gracieux.

Et je glisse
pour une danse
ton élégance
est ma complice.

T’es tout nu dans ce champ

te voilà bien dépourvu
plus une feuille par ce temps
mais c’est moi qui éternue.

Evasion du cancre

– Qu’est-ce que c’est que cette écriture patte de mouche ?
T’es trop lent, reviens sur terre !

Délaissant le stylo, sa main s’envole et vrombit en liberté parmi des lucioles de poussières qu’un rayon de soleil lui a dévoilées.

– Les cheveux en bataille, tu rêvasses au pays des fourmis.
On t’a vu te rouler dans les herbes sèches.
Les yeux perdus un brin de paille à la bouche.
Tout le monde te nomme petit étourdi !

Il n’en n’a que faire, tête en l’air, il sifflote une mélodie.

– On ne sait pas pourquoi tu caresses les arbres.
Puis tu viens nous conter qu’ils ont la peau douce.

Un nuage passe et le voilà hors du monde, dans un rêve cerf-volant que le vent portera au bout de la terre.

– Range tes affaires mets tes mains sur la table !
On t’a vu te rouler dans les herbes sèches.
Les yeux perdus un brin de paille à la bouche.
Apprendre tes leçons faire tes devoirs, c’est tout un poème.
T’es trop lent, reviens sur terre !

Puni, retenu à l’école, l’air de rien, son esprit volatil a profité d’un courant d’air.  Il l’emporte au loin vers les champs et la forêt immense derrière la fenêtre, c’est une grande évasion.

Le pourquoi du pourquoi

— Ce soir je dors à Coucy-les-Eppes.
— Pourquoi ?
— Parce que mon job veut que je me déplace
— Pourquoi ?
— Parce que je suis commercial et plus je me déplace plus je vois de clients, plus je peux faire d’affaires.
(comme une bille dans un flipper, plus elle se déplace, plus elle marque de points).
— Pourquoi ?
— Pourquoi je suis commercial ? parce que j’ai appris à faire ce job et que j’arrive à en vivre.
— Pourquoi ?
— J’ai appris à vendre, parce que à un moment ça m’intéressait.
— Pourquoi ?
— Parce que j’avais essayé un autre travail et ça n’avait pas été une réussite.
— Pourquoi ?
— Parce que cela avait raté,
— pourquoi ?
— Parce que,
— pourquoi ?
— Parce que, je n’était pas doué pour ce premier job, pas prêt.
— Pourquoi ?
— Mais, parce que on est doué pour certaines chose et d’autres moins…
— Pourquoi ?
— Parce que cela doit venir de notre éducation,
— pourquoi ?
— Pourquoi cela vient de notre éducation ? Parce que si on est bien éduqué pour quelque chose, on doit y arriver non ?
— Pourquoi ?
— Parce que l’éducation nous apprend à savoir faire des choses.
— Pourquoi ?
— Parce que on est en république.
— Pourquoi ?
— Parce que il y a eu une révolution.
— Pourquoi ?
— Parce que Louis XVI, on n’en voulait plus !
— Pourquoi ?
— parce que les rois fainéants.
— pourquoi ?
— Parce que les « rois maudits « .
— Pourquoi ?
— Parce que Jacques de Mollet, sur son bucher l’a crié !
— Pourquoi ?
— Parce que Philippe le Bel l’avait condamné au bucher.
— Pourquoi ?
— Par crainte du pouvoir des Templiers et pour leur piquer leurs sous.
— Pourquoi ?
— Parce que tout le monde à besoin de sous.
— Pourquoi ?
— Parce que chut tais-toi et va dormir, non mais dis et rognodjuuuu !!!

La malmaison

Lieu dit la Malmaison, près du chemin des dames, Aisne. (Cimetière militaire allemand)

Princesses et demoiselles, passaient sur ce chemin,
aux rendez-vous fleuris de ces temps lointains.
La brume de l’histoire, a tout recouvert,
laissant bocages et feuillages bien verts.

Ci-gît l’armée fatale, de la première guerre,
fiers bataillons allemands en terre étrangère.
Sous les canons, soldats du rang,
la terre jusqu’à plus soif s’est repue de leur sang.

Ce fut belles mitrailles,
Batailles de baïonnettes.
De mémoires picardes,
on ne vit tant de tripailles,
Au milieu des pâquerettes.

Pour l’honneur du feu,
lors d’un germinal sermon,
le général Bon Dieu,
vous a planté en lignes de fuites.
Par malheur, elles repousseront,
et jamais, ne seront sans suites.

Il ne reste que des croix,
comme petites bannières.
À l’ombre du sous-bois,
dans la jolie clairière.

Constellation

Dans la salle bruissante de mouvements, papotages, interpellations, salutations et retrouvailles, les adultes se sont déplacés puis installés, chacun a trouvé sa place.
Les chaises les unes contre les autres font le tour de la salle, nous sommes nombreux. Je suis venu ici en curieux. C’est Lotika, ma compagne, qui m’a demandé de l’accompagner. Je suis là, mais un peu à contrecœur car on va être enfermé et cela doit me prendre tout le weekend.
— Tu verras, cela va t’intéresser, moi ça me fait du bien et je vais retrouver des amis. Quand j’en ai parlé autour de moi, on m’a dit : mais qu’est-ce que c’est, une secte ? Tu vas te faire embrigader ! Ce n’est pas le cas, mais je te laisse te faire ton opinion.

La séance va commencer, nous allons consteller :
Nous sommes tous assis, j’ai aperçu des petites et grandes images, de saints, de patriarches, d’anges ou d’allégories qui sont disposées au sol au milieu de la salle.
M.T a pris la parole, elle s’est adressée aux « nouveaux », sans expliquer dans les détails ce qu’est la « Systémie familiale » elle leur a dit ce qu’elle n’est pas. Ce n’est pas une thérapie, ce n’est pas du prosélytisme pour une religion quelle qu’elle soit, nous ne sommes pas dans une secte. Elle souhaite que l’on garde secrètes les histoires qui vont être révélées. Même si elle a utilisé les codes et références de la religion, selon ses publics elle utilise d’autres références et puise dans les mythologies de chacun.

Sur un paperboard, il est écrit en gros cette phrase : « Dans la forêt quand les branches des arbres se querellent les racines s’embrassent. Proverbe Africain».

Lors de la séance, M.T ne nous a pas appelé par nos noms, elle a dit : — Toi la fille au pull bleu, toi le jeune homme aux lunettes, au pantalon noir… Elle nous a précisé que la constellation a un effet qui n’est pas immédiat, qu’elle fait appel à quelque chose qui nous relie tous, une mémoire collective, un inconscient que nous avons en commun.           
J’ai découvert que les histoires familiales, les conflits, les secrets de famille nocifs, qu’ils soient récents ou remontent à deux cents ans, ont des répercussions sur nos vies de tous les jours. Je me suis étonné tout de même que tout ne soit vu que par le prisme des ancêtres.
M.T, qui a un bol métallique devant elle, se saisit d’un pilon, le fait tourner dans le bol, un son, une vibration s’en échappe, la séance commence.

Catherine, une dame aux cheveux gris ramenés en chignon, s’est approchée de M.T qui organise la constellation, elle lui a expliqué en quelques mots ce qui la préoccupait.

Pour l’ensemble de la salle, c’était inaudible, M.T a demandé à trois personnes de sortir, alors seulement elle nous a dit : Catherine a un mari âgé, il doit prochainement se faire opérer du cœur, elle a des craintes quant à la réussite de l’opération. Elle a terriblement peur de voir son mari décéder. Elle voudrait connaitre les chances de réussite de l’opération.

M.T a précisé que la constellation n’est pas de la magie, qu’elle ne peut lire l’avenir, cependant elle peut essayer de voir pourquoi Catherine a si peur et la préparer à ce qu’il pourrait advenir.

La dame au chignon a disposé trois objets de son choix au sol : Un mouchoir, il représente le personnel soignant. Un stylo, c’est le mari. Un livre, il correspond à Catherine, elle-même. On a fait rentrer ceux qui venaient de sortir, ils ont du choisir un objet. L’homme au pull bleu a choisit le stylo, il est sans le savoir, le mari de la dame au chignon. Une jeune fille blonde a sélectionné le mouchoir. Une dame au pantalon noir a pris le livre.

M.T a dit aux trois constellants: — C’est très bien, allez-y, faites ce que vous avez à faire comme vous le sentez !

Ils se sont déplacés dans la salle, sans savoir ce qu’ils représentaient ni ce qu’ils devaient faire, ils avaient juste à laisser agir leur inconscient.
Au cours des différentes séances auxquelles j’ai assisté, j’ai vu toutes sortes de réactions, interactions entre les constellants, rires, pleurs, chants, jeux ou chahuts.

La jeune fille blonde s’est  assise, l’homme qui a choisi le stylo a représenté le mari, il a marché tranquillement en faisant le tour de la salle dans le sens des aiguilles d’une montre.
Celle qui a choisi le livre a semblé avoir du mal à trouver sa place, elle nous a fait part de son envie de sortir de la salle.
M.T lui a dit : — cherche une place où tu te sentiras mieux.
— Vous pouvez voir que l’homme au pull bleu va vers l’avenir.
A ce moment, il s’est approché de la fille représentant le personnel soignant, a semblé intrigué, l’a dévisagé… il s’est allongé au sol et est resté inanimé.

On a entendu alors la dame au chignon éclater en sanglots, M.T a demandé à deux dames de venir la réconforter cependant qu’elle a expliqué : — La constellation est assez parlante, elle peut cependant signifier que ton mari est simplement endormi pour l’opération, qu’il est dans le coma ou décédé.
Sanglots de plus belle, et réconforts pour la dame au chignon.

M.T lui a précisé: — Cela ne veut pas forcément dire qu’il va décéder, je te propose de voir comment cela ça passerait pour lui si cela devait arriver.
Elle a pris une écharpe colorée, qu’elle a étendu autour du mari inanimé.
—   Voilà, on lui fait un paradis, il est maintenant dans l’autre monde. Comment te sens-tu toi l’homme au pull bleu ?
L’homme s’est redressé un peu, puis s’est assis. — je me sens un peu perdu.
M.T a expliqué: — Tu es maintenant au paradis, tu n’as pas survécu à l’opération.
Elle a demandé à la dame au chignon : — est-ce qu’il a dans sa famille des personnes qu’il aime et qui sont déjà dans l’autre monde ?
—   Oui son père et sa mère
M.T a fait venir dans ce cercle de paradis des personnes représentant son père et sa mère, ainsi que des personnes décédées qu’il admirait de son vivant : un humoriste (Coluche), un peintre (Picasso), un poète (Jacques Prévert).
 —  Comment vas-tu l’homme au pull bleu ?
Il avait alors le sourire : — je commence à me sentir mieux.
M.T a fait venir quelques personnes supplémentaires qui étaient censées représenter ses ancêtres, elles sont venues se placer derrière lui et ont posé leurs mains dans son dos.
Elle a fait approcher la dame au chignon devant l’écharpe au sol qui représentait un paradis.
—   Tu vois comme il est bien entouré ton mari.
—   Maintenant parle lui, demande lui ce que tu veux ou dis-lui ce que tu ressens.

Elle lui a fait part de ses craintes, elle lui a dit qu’elle l’aimait et qu’elle était apaisée de le voir heureux.

M.T a demandé à tous ceux qui ont participé à la constellation de sortir de leurs rôles et à Catherine de les remercier.

J’apprendrais lors d’un autre weekend de constellation que Catherine a effectivement perdu son mari. Il est décédé au cours de l’opération. Elle reviendra et abordera des problèmes d’héritages, et de tensions entre ses enfants.

Lotika

Fort Ember près de Jaipur, Inde

Lotika petite femme de Calcutta,
Tu m’as donné la main
Serré dans tes bras,
Tu seras mon été indien.

Lotika petite femme de Calcutta,
tu viens dans mes rêves.
Mère Thérésa te portait dans ses bras
Tu nageais nue dans le Gange mon Êve.

Lotika petite femme de Calcutta,
Tu es la mousson de la vie,
la tendresse, la chaleur de mes nuits.
Rendez-vous au bord de la Yamounâ.

Lotika petite femme de Calcutta,
doucement tu te glisses dans mes bras.
Mon plus beau voyage sera toi,
au pays des épices et du yoga.

Nuit des ombres

Nombre de sombres ombres se poursuivaient et dans la nuit venaient se fondre en zombies.

Je me retournais dans mon lit sans oubli.

Nombre de sombres ombres me poursuivaient, je demeurais dans ma pénombre, comme Caïn à maudire et faire pâlir ma nuit.

Je régressais en regrets, culpabilisais puis rhabillais cette nuit.
À quoi bon me morfondre, les sombres ombres qui m’encombraient étaient parties.

J’évacuais les décombres dans le ronflement de feu ma nuit.

Faux

Photo que j’ai réalisé à Verzy, parc régional de la Montagne de Reims

Il me revient en mémoire
Un hêtre solitaire et tortillard.
Un arbre aux formes bizarres
Qui m’apparut dans le brouillard.

Élevé au secret d’une abbaye,
Nommé gardien des Faux de Verzy.
Ses dernières feuilles vibrantes avant la nuit.
Ses branches qui disaient non,
Ses branches qui disaient oui.

Il s’agitait laissant ce message,
En sémaphores signaux de vie,
À tous les enfants de passage
Qui au fond de nous ont ressurgi.

Que vous soyez sages ou petits
Tordus ou tout droits comme un i.
Parlez vrai ou parlez faux,
Mais, jamais aux êtres ne soyez soumis.

Émotions

Émotions écrit par Manu, un amis du monde de l’écriture.

Changer le décor.
S’imbiber encore.

Atteindre la viscosité extrême, celle que plus rien n’arrête et ne retient.
Celle qui glisse sur le sable.
S’imbiber le corps et attendre.
Attendre l’idée sublimant les lois qui nous régissent.

Alors nous serons à tomber et filerons en éclats.
En directions improbables, nos jets fulgurants.
Nos mille feux aventureront les étoiles.

Mais…
D’émotions, s’imbiber d’abord.

Les Jujus (2) Donjons et dragons

Je pense que c’était juste au début des vacances, on parcourait les rues du village. François, Benj et moi, on avait dégotté une carriole à deux grandes roues. De porte en porte, on proposait aux gens de les débarrasser des chiffons, bouteilles vides et cartons. Le ferrailleur de Tinqueux, nous rachetait ça au poids et les bouteilles de champagne vide, 20 centimes. On voulait se faire un peu d’argent de poche. On chargeait bien la carriole, et au bout de quelques trajets et âpres discussions avec le ferrailleur, on avait gagné en 3 jours 150 Francs !

Francois avait acheté un cadeau pour sa maman, Benj et moi, des jeux. On avait mis fin à notre gagne-pain après avoir écumé le quartier. Un voisin nous avait informés que l’on faisait une rude concurrence, à un clochard qui n’avait que ça pour vivre.

 Durant quelques jours de pluie, à la maison  on ressortit un cadeau que l’on avait eu au pied du sapin, il allait faire des étincelles, à défaut de faire de nous des génies. L’équipement du petit chimiste !
Pour les premières expériences on fut strictement encadré, la famille commençait on ne sait pourquoi à nous redouter !
On avait commencé par réaliser des breuvages, on pouvait faire une potion effervescente avec un gout acidulé ! Tester l’effet du vinaigre sur de la craie, découvrir les propriétés d’un aimant sur de la limaille de fer. Une expérience nous plaisait beaucoup, en mélangeant charbon de bois, limaille de fer et un autre produit que l’on faisait chauffer, cela déclenchait une gerbe d’étincelles !

Puis vint le moment où l’on commença une expérience tout seul, maman était partie faire les courses. Dans un tube à essai on mit quelques morceaux de craie rose, du vinaigre puis un petit bouchon. Il y avait bien une réaction mais ce n’était pas spectaculaire, on a eu alors la bonne idée de chauffer le tube avec une lampe à alcool… « Splatch !! » le bouchon fut projeté jusqu’au plafond ! On reçut tous les deux quelques petites éclaboussures de craie, c’est alors que l’on entendit maman discuter avec la voisine, elle revenait du marché, vite on rangea tout dans la boite.
Le midi, après le repas dans la cuisine, papa alla s’assoir au salon à son fauteuil favori, au moment de se détendre un peu, il pencha la tête en arrière, je le revois encore bouche bée, stupéfait de découvrir une partie du plafond tout tachetée de rose !
Évidement il y eu quelques explications qui tournèrent vite à notre désavantage, pour une fois les grands n’y étaient pour rien.

 Ce n’est qu’aux vacances suivantes que l’on eut l’occasion de refaire des expériences terriblement amusantes. Lalou avait retrouvé la fameuse caisse de poudre à canon de grand père Fried, papa l’avait pourtant bien caché dans le sous-sol. En grand frère soucieux des petits, il nous fit à Benj et moi, une démonstration de ce produit détonnant.
Sur une grande table du sous-sol, il dessina un long serpent de poudre, je me souviens de cette forme en S qui prenait toute la table. Il nous fit reculer un peu du lieu de l’expérience, mis le feu à un bout du serpent !
Le temps d’un éclair et d’un « srouf ! » fulgurant, nous étions enfumés et éblouis séance fumante. On ouvrit en grand les portes et fenêtres du sous-sol, puis on alla tousser dehors. La leçon de Jean-Louis, fut qu’il ne valait mieux pas que l’on s’amuse avec.

Quelques jours plus tard, François étant venu chez nous on voulut lui faire une démonstration avec la poudre. On fit cela dehors cette fois-ci, après en avoir fait bruler une petite quantité, on eut la bonne idée d’en tasser un petit peu au fond d’un tube en cuivre, puis de mettre une bille par-dessus la poudre, à l’allumage cela faisait un peu de bruit et projetait la bille pas trop loin… Pour améliorer l’expérience, on remplit l’intérieur d’un tube de stylo « Bic » que l’on mit dans le tube à la place de la bille. L’effet fut spectaculaire, nouvelle détonation, et stylo projeté à 10m s’alluma et s’envola dans les airs pour atterrir dans le jardin voisin. On entendit alors justement un de nos voisins crier de manière inquiète :
– « les jumeaux ! Qu’est-ce que vous êtes encore en train de fabriquer ! » Ben quoi, juste une fusée Bic.

Le beau temps revenu on décida d’aller se promener en vélo à la sortie du village il y a une colline, le Mont St Pierre qui domine les environs et donne une vue superbe jusqu´à la ville de Reims.
Tel napoléon, préparant la bataille de Friedland, nous venions y envisager nos excursions et ruminer d´autres explorations et aventures.

Notre vue donnait sur le parking du nouvel Hypermarché, magnifique colosse de béton, il ressemblait à un gros blockhaus.
Le bruit courait au village qu’il pourrait abriter la population en cas de catastrophe atomique ! C’était bien, ça nous rassurait.

Comme de preux chevaliers, nous avions enfourché nos vélos et galopions vers ce magnifique terrain de jeux.
L’entrée de ce magasin était immense, nous observions ces nombreux clients, entrer, sortir….
je ne sais plus qui eu cette idée, elle avait germée au creux de nos cerveaux géniaux !

Nos observations portaient sur le système d’ouverture et fermeture automatique des portes à double battants.
Il y avait un tapis à l’entrée, c´est au moment ou l’on marchait dessus que les portes s’ouvraient pendant un temps minuté, puis se refermaient.
Un peu d’entrainement entre nous, nous permit d’essayer un nouveau jeu :
On repérait une personne qui se dirigait vers la sortie, gentiment de l’extérieur on déclenchait l’ouverture un peu en avance. Le client sortait du magasin et crounch ! notre proie et son caddy étaient coincées dans les portes qui se refermaient sur eux !

Benj, François et moi on avait disputé quelques parties avant de se faire méchamment dénoncer auprès des surveillants, s’en était suivi une petite course poursuite sur le parking, le dédale de voitures nous avait sauvé.

Il nous fallut un autre jeu juste entre nous, François resta spectateur.
On improvisa un tournoi, digne de ceux du moyen âge : nous étions Benj et moi face à face à bonne distance l’un de l’autre, à cheval sur nos vélos chacun un caddy à la main.
Au signal de François, on foncait l’un vers l’autre, le caddy remplaçait la lance, on essayait de dégommer l’autre.
La plupart du temps seuls les caddys se percutaient à grand fracas !
Á un moment j’avais touché Benj à la jambe, un point pour moi !
François relança le tournois et Benj plein d’une furieuse énergie arriva à toucher ma monture ! Aie aie la patte avant (la roue) était toute tordue… je repartis à pied, en direction chez Gilles, un copain qui habitait tout près. Lui c’était un cycliste confirmé, il me l’avait réparé en maintenant à 2 mains un côté de la roue pour taper fortement l’autre sur un établis, puis avec des clés, il retendit un par un les rayons de la roue.

On était repartis, on avais roulé vers les champs en direction du village d’Orme, la campagne c’était  plus paisible.
Sur la route à travers champs, on avait remarqué  des tas de bottes de pailles près d’un hangar. on
s’était arrêté là.  Il y avait de la paille sur une grande hauteur et par endroit des espaces, c’était génial pour y faire des cabanes.
On avait quitté ce hangar pour essayer d’escalader des bottes de paille empilées dans le champ, assez hautes de 3 à 4 mètres, c’était nos donjons !
François était assez habile, il était arrivé le premier en haut, Benj et moi on secouait ce donjon, à nous 2 on réussit à le faire s’écrouler malgré ses cris !
Pour le consoler, c’était tellement amusant, j’avais escaladé le donjon d’à côté, c’était à son tour avec l’aide de Benj de me faire tomber dans une avalanche de paille.
Qu’est ce qu’on s’amusait, on avait répèté ce jeux durant 1 heure au moins….

A un moment il nous avait semblé entendre rugir un dragon au loin !
Un cultivateur descendu de son tracteur arrivait en courant et jurant:  » bon diou de bon diou ! « 
si je vous attrape !
On avait deviné qu’il ne nous proposait pas un nouveau jeu, et comme il avait donné l’alerte un peu trop tôt, nous avions enfourché nos montures et filé au galop !
Tagada tagada laissant derrière nous une plaine dévastée couverte de donjons en ruines après une rude bataille.
La plaine tremblait sous juillet.